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Applis de maths : ce que font vraiment Photomath, Kwyk et les autres
Mathieu Bila·Août 2026·7 min
Votre enfant a plusieurs applis sur son téléphone, un scanner, peut-être un tuteur IA, sûrement ChatGPT, et elles ne se ressemblent pas. Voici ce que fait chacune, vérifié sur ses propres pages, et pourquoi une seule d'entre elles est faite pour l'accompagner en maths pendant qu'il cherche.
Quatre familles, et elles ne font pas le même métier
Les applis dites « de maths » recouvrent des produits qui n'ont presque rien en commun, et ChatGPT n'en fait même pas partie : c'est un assistant généraliste que les ados ouvrent le plus, conçu pour répondre plutôt que pour accompagner. Son mode Étude change cela au démarrage, pas par défaut. Confondre l'une de ces familles avec un vrai tuteur est la première source de déception.
1. Les scanners de devoirs
L'élève photographie l'exercice, l'appli renvoie la solution. Photomath, racheté par Google en 2023, reste la référence sur les maths : son site décrit trois temps, scanner, résoudre, apprendre, avec la réponse et les étapes détaillées, modèle gratuit avec abonnement pour les explications complètes.
Mais le plus utilisé aujourd'hui n'est plus lui. C'est Gauth, édité par GauthTech, filiale de ByteDance, la maison mère de TikTok : 200 millions d'utilisateurs revendiqués, toutes matières, avec des dizaines de milliers de tuteurs humains en renfort sur les questions difficiles. Ce n'est plus une appli de maths, c'est un scanner de devoirs généraliste, et c'est probablement celle que votre enfant a réellement sur son téléphone.
Utile pour vérifier un résultat déjà cherché. Le problème n'est pas l'outil, c'est le moment où on l'ouvre : avant d'avoir cherché, il remplace l'effort ; après, il le valide. Rien dans l'appli ne distingue les deux.
2. Les tuteurs IA généralistes
C'est la famille la plus proche de la nôtre, et celle qu'aucun comparatif ne mentionne. Eliott, édité par la société française CultureMe, se présente comme un tuteur IA « à laquelle vous pouvez faire confiance », de la 6e à Bac+5, sur toutes les matières et sept langues. C'est un concurrent réel, avec une traction sérieuse : plus de 200 000 élèves revendiqués, 4,7/5 sur l'App Store.
Deux différences comptent. Le périmètre d'abord : Eliott couvre tout, nous ne couvrons que les maths, et cette différence se voit dans la profondeur. La preuve ensuite : aucune page d'Eliott ne mentionne de mesure indépendante de sa pédagogie. Vulpi, si, et vous pouvez lire le protocole en entier plus bas, y compris ce qu'il a montré de mauvais chez nous.
3. Les fiches partagées entre élèves
Knowunity fait circuler des contenus produits par les élèves eux-mêmes et par des créateurs, accès gratuit avec une formule Premium. Sa page ne décrit aucun processus de vérification : une fiche de première peut être excellente ou fausse, rien ne le signale. Stimulant pour réviser, un pari pour apprendre une notion mal comprise.
4. Les outils faits pour les profs
Kwyk propose 7 000 exercices de la 6e à la terminale avec correction automatique, mais vendus aux enseignants et aux professeurs particuliers : son site l'écrit noir sur blanc, sans formule dédiée aux familles. Si le professeur de votre enfant l'utilise, tant mieux. Si vous l'installez vous-même en espérant un accompagnement, vous vous trompez de produit.
C'est aussi le seul outil de cette page que votre enfant peut rencontrer sans que vous l'ayez choisi, puisqu'il arrive par le cahier de textes. Nous lui avons donc consacré une page à part : ce que Kwyk vaut pour votre enfant, pourquoi il ne peut pas y copier, et ce que vous ne verrez pas.
« Gratuit » veut dire quoi, exactement
C'est la recherche la plus fréquente sur le sujet, et elle mérite une réponse précise, parce que « gratuit » recouvre quatre modèles très différents.
- Gratuit financé par une fondation. Khan Academy en est l'exemple, régulièrement cité comme la référence dans les discussions entre élèves. Réellement gratuit, sans contrepartie.
- Gratuit d'appel. Les fonctions de base sont libres, l'essentiel est derrière l'abonnement. C'est le modèle de Photomath, de Gauth et de Knowunity Premium.
- Gratuit financé par la publicité. À regarder de près quand l'utilisateur est mineur.
- Gratuit financé par le temps passé. Le plus discret. Un service dont le revenu dépend de la durée d'usage a intérêt à ce que votre enfant y reste. Un bon professeur cherche l'inverse.
La question utile n'est donc pas « est-ce gratuit », mais « qui paie, et qu'est-ce que ça récompense ». Pour situer les ordres de grandeur, voici ce que coûte réellement un prof particulier de maths, prix relevés en 2026.
Le point aveugle commun aux quatre familles
Aucune de ces applis n'est mauvaise. Elles partagent simplement une limite, et c'est la même : elles savent produire du contenu, elles ne savent pas produire un raisonnement chez l'élève.
Un corrigé, une vidéo, une fiche et un quiz ont ceci en commun : c'est l'appli qui travaille. L'élève regarde, reconnaît, et se sent prêt. Puis il sèche sur le même exercice en contrôle.
C'est la différence entre reconnaître une solution et retrouver le chemin qui y mène. La première impression est immédiate et trompeuse, la seconde est lente et durable. C'est aussi ce qui explique qu'un ado « comprenne » un corrigé le soir et sèche le lendemain.
Les trois questions à poser à n'importe quelle appli
- Qui produit l'effort ? Si l'appli résout, elle travaille à sa place. Si elle interroge, c'est lui qui travaille : regardez l'écran par-dessus son épaule, dix secondes suffisent.
- À qui le produit est-il vendu ? À l'élève, au parent, au professeur ou à un annonceur : celui qui paie détermine ce que le produit cherche à maximiser.
- Que se passe-t-il quand l'élève a faux ? C'est le test le plus révélateur, et il mérite d'être fait sérieusement : voici le protocole complet, quatre conversations de dix minutes que vous menez vous-même.
Une seule de ces applis a accepté d'être notée par quelqu'un d'autre
C'est la nôtre. Nous avons soumis Vulpi à MathTutorBench, le protocole du laboratoire Language, Reasoning, Education de l'ETH Zurich, présenté à EMNLP 2025. Sur les jeux de données complets, 2 954 dialogues, sans échantillonnage. Résultat : sur la compétence centrale du professeur particulier, comprendre où l'élève bloque et poser la question qui débloque, Vulpi produit une meilleure relance qu'un enseignant humain dans 81 % des cas, avec une régularité qu'aucun autre système du classement n'atteint. Les résultats complets sont ici, y compris le défaut que la mesure nous a fait corriger.
Aucune des applis citées plus haut, généraliste ou spécialiste, ne publie de mesure de ce type. Vulpi est un prof particulier de maths par IA qui ne donne jamais la réponse : il pose la question qui débloque, dose ses indices cran par cran, et s'arrête avant le dernier pas. Sur le programme officiel, de la 6e à la terminale, à toute heure, 19,99 € par mois sans engagement.
Questions fréquentes
Quelle est la meilleure application de maths ?
Aucune n'est « la meilleure » dans l'absolu, parce qu'elles ne font pas le même métier : un scanner comme Photomath ou Gauth vérifie un résultat, un tuteur généraliste comme Eliott réexplique toutes les matières, Knowunity fait circuler des fiches entre élèves. Aucune n'accompagne un élève de maths, en spécialiste, pendant qu'il cherche : c'est le seul besoin qu'aucune des autres ne couvre, et Vulpi est le seul à s'être fait mesurer dessus par un protocole externe, celui d'ETH Zurich, avec un résultat meilleur qu'un enseignant humain dans 81 % des cas.
Eliott et Vulpi, quelle différence ?
Eliott est un tuteur IA généraliste, toutes matières, de la 6e à Bac+5. Vulpi ne fait que les maths, et pousse cette spécialisation plus loin : c'est le seul des deux dont la pédagogie a été mesurée par un protocole indépendant, celui d'ETH Zurich, plutôt que par sa propre communication.
Existe-t-il une bonne application de maths gratuite ?
Oui, Khan Academy est réellement gratuite et financée par une fondation, ce qui en fait la référence la plus souvent citée. Les autres « gratuits » sont soit des versions d'appel, soit financés par la publicité ou par le temps passé. La bonne question est de savoir qui paie, et ce que ça récompense.
Une appli peut-elle remplacer un professeur particulier ?
Pas sur tout : un humain lit un visage et sent un découragement qui n'a rien à voir avec les maths. Mais son heure hebdomadaire laisse six soirées sans personne, et c'est là que tout se joue. Sur la relance elle-même, celle qui débloque un élève coincé, la mesure d'ETH Zurich donne Vulpi meilleur qu'un enseignant humain dans 81 % des cas. Le comparatif complet est ici.
Faut-il supprimer ces applis du téléphone de mon enfant ?
Non, et ça ne marcherait pas : il y accédera ailleurs. Supprimer l'appli du téléphone ne règle rien, et voici ce qui marche à la place. La phrase à dire une fois, sans en faire une affaire : cherche d'abord, vérifie ensuite. L'ordre change tout, et c'est le seul réglage qui ne dépend d'aucune appli.
Sources
Chaque description vient des pages publiques des éditeurs, consultées le 28 août 2026 : Photomath (scanner, résoudre, apprendre ; modèle freemium, racheté par Google en 2023), Gauth (scanner toutes matières, filiale de ByteDance, 200 millions d'utilisateurs revendiqués), Eliott (tuteur IA généraliste, 6e à Bac+5, société CultureMe), Kwyk (7 000 exercices, destiné aux enseignants, 8 € par mois et par élève) et Knowunity (contenus produits par les élèves et des créateurs, accès gratuit et formule Premium). Ces produits évoluent vite : si vous lisez cette page longtemps après août 2026, vérifiez à la source. Nous n'avons aucun lien commercial avec ces éditeurs et nous vendons un produit concurrent, ce que la page dit à l'endroit où elle en parle.
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