IA et données de votre enfant : les 7 questions à poser
Inscrire son ado sur un service d'IA éducative, ce n'est pas seulement choisir une méthode : c'est confier à une entreprise ce qu'il écrit, ce qu'il rate, ce qu'il ne comprend pas. Voici ce que dit la loi pour les mineurs, et les sept questions à poser avant de créer un compte — y compris chez nous.
Ce que le RGPD prévoit pour les mineurs
Le règlement européen s'applique à tous, mais il réserve une attention particulière aux enfants, jugés moins à même de mesurer les conséquences d'un traitement de données. Quatre points concernent directement les parents :
- L'âge du consentement numérique. En France, il est fixé à 15 ans. En dessous, le consentement doit être donné conjointement par le mineur et par le titulaire de l'autorité parentale.
- La minimisation. Un service ne peut collecter que ce qui est nécessaire à sa finalité. Un accompagnement en maths n'a besoin ni de l'adresse, ni de l'âge exact, ni du nom de l'établissement.
- L'information claire. Les mentions destinées à un public incluant des mineurs doivent être compréhensibles — pas dix pages de juridique.
- Les droits. Accès, rectification, effacement, portabilité. Ils doivent être exerçables facilement, et vous devez savoir à qui écrire.
Une remarque utile : la conformité RGPD est un plancher, pas un label de qualité. Un service peut être parfaitement conforme et collecter beaucoup plus que nécessaire, tant qu'il le déclare.
Les 7 questions à poser
1. Quelles données exactement, et pourquoi ?
Demandez la liste, et pour chaque champ : à quoi sert-il ? Un accompagnement en maths fonctionne avec très peu de choses : de quoi identifier le compte, la classe, et les données pédagogiques produites par le travail. Chaque champ supplémentaire — nom complet, date de naissance, établissement, numéro de téléphone de l'élève, localisation — doit avoir une justification que vous comprenez.
2. Les conversations servent-elles à entraîner des modèles ?
C'est la question centrale à l'ère de l'IA, et elle n'est pas toujours mise en avant. La réponse doit figurer noir sur blanc dans la politique de confidentialité, avec l'indication de savoir si un refus est possible et comment l'exercer. Une réponse évasive est une réponse.
3. Où sont hébergées les données ?
Un hébergement dans l'Union européenne simplifie tout : pas de transfert hors UE à encadrer, un cadre juridique unique, des recours accessibles. Un hébergement hors UE n'est pas illégal en soi, mais il doit être déclaré et encadré — vérifiez que c'est le cas.
4. Les données sont-elles revendues ou partagées à des fins publicitaires ?
Pour un service destiné à des mineurs, la seule réponse acceptable est non. Attention à la formulation : « nous ne vendons pas vos données » n'exclut pas le partage avec des partenaires publicitaires. Cherchez explicitement les mots « publicité », « partenaires », « mesure d'audience » dans la politique de confidentialité.
5. Combien de temps sont-elles conservées ?
Une durée doit être annoncée, et un compte supprimé doit entraîner la suppression effective des données associées dans un délai raisonnable. Si aucune durée n'apparaît nulle part, c'est un mauvais signe.
6. Que voit le parent — et que voit l'enfant ?
Question moins juridique et tout aussi importante. Un espace parent qui donne accès à l'intégralité des conversations de l'adolescent pose un vrai problème de confiance : sachant qu'il est lu, il n'écrira plus « je n'ai rien compris ». La bonne granularité, à notre avis : le parent voit la progression — chapitres travaillés, régularité, points fragiles — pas le contenu ligne à ligne.
7. Que se passe-t-il si l'élève va mal ?
Un accompagnement scolaire n'est pas un service de soutien psychologique et ne doit pas prétendre l'être. Vérifiez que le service le reconnaît explicitement, qu'il renvoie vers un adulte de confiance si la conversation dépasse le cadre scolaire, et qu'il n'entretient pas de relation quasi affective avec un mineur. C'est un point de sécurité réel, distinct de la question des données.
Trois signaux d'alerte
- L'inscription demande beaucoup trop. Un formulaire qui réclame l'établissement, la date de naissance exacte, le numéro de téléphone de l'élève et sa ville pour donner un coup de main en maths collecte pour d'autres raisons que le service rendu.
- Aucune politique de confidentialité lisible. Ou une politique visiblement traduite automatiquement, mentionnant des lois d'un autre pays et des concepts sans équivalent en droit français.
- Des mécaniques d'engagement agressives. Notifications insistantes, séries à ne pas briser, récompenses conçues pour maximiser le temps passé. L'objectif d'un outil éducatif devrait être que l'élève comprenne vite, pas qu'il reste longtemps.
Nos réponses
Puisque ces questions valent aussi pour nous, voici où nous en sommes. Vulpi accompagne des mineurs : leurs données sont traitées dans le strict respect du RGPD, hébergées en Europe, et ne sont jamais revendues. Le profil élève est volontairement réduit à ce qui sert l'accompagnement — de quoi identifier le compte, la classe, et les données pédagogiques du travail effectué ; nous ne demandons ni adresse, ni établissement.
Côté parent, l'espace de suivi montre la progression et la régularité, pas les copies ni le détail des échanges. Et le prof particulier reste dans son rôle : si un élève va mal au-delà du scolaire, il n'endosse pas un rôle qui n'est pas le sien et l'invite à en parler à un adulte de confiance.
Le détail figure dans notre politique de confidentialité, écrite pour être lue.
Un prof particulier de maths, et rien d'autre
Vulpi est un prof particulier de maths par IA qui ne donne jamais la réponse, de la 6e à la terminale. Pas de publicité, pas de revente de données, pas de mécanique conçue pour retenir votre enfant devant un écran : l'objectif est qu'il comprenne, puis qu'il referme l'application. 19,99 € par mois, sans engagement.
Commencer avec VulpiQuestions fréquentes
À quel âge un ado peut-il consentir seul ?
En France, l'âge du consentement numérique est de 15 ans. En dessous, le consentement est donné conjointement par le mineur et par un titulaire de l'autorité parentale.
Quelles données sont vraiment nécessaires ?
Très peu : de quoi identifier le compte, la classe, et les données pédagogiques produites. Pour tout le reste, la bonne question est « à quoi sert ce champ ? ».
Faut-il que je puisse lire les conversations de mon enfant ?
Ce n'est pas souhaitable. Un adolescent qui se sait lu cesse d'écrire « je n'ai rien compris » — et c'est précisément cette phrase qui permet de l'aider. Le suivi de la progression apporte l'essentiel de l'information sans casser la confiance.
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